Les amis du théâtre de la liberté de Jénine

Crime et châtiment

mardi 30 août 2011

Appel pour un soutien moral et financier pour faire face à une nouvelle vague de harcèlements contre Le Théâtre de la liberté par l’armée israélienne.

Le Freedom Theatre, le Théâtre de la Liberté du camp de réfugiés de Jénine a été attaqué une nouvelle fois par l’armée israélienne le 27 juillet dernier. Deux de ses membres, Adnan Naghnaghiye et Bilal Saadi ont alors été capturés et emmenés par les autorités israéliennes au mépris de toute légalité et de leurs droits humains fondamentaux. Incarcérés dans une prison en Israël, traités de façon inhumaine, ils n’ont été finalement libérés que le 21 août sans qu’aucune charge n’ait été retenue contre eux.

Rami Hwayel, un étudiant de l’école du Théâtre de la liberté, acteur principal d’une nouvelle production a eu à subir un traitement semblable, il devrait être libéré dans quelques jours. Un autre élève de l’école de théâtre, Momeen Syatat, a été informé qu’il devait se présenter à l’armée israélienne le 1er septembre.

Le résultat de ces interrogatoires confirme ce que nous avons affirmé dès le début : ces personnes ne sont pas suspects dans le cadre de l’assassinat de Juliano Mer-Khamis et auraient pu avoir été interrogées sans être arrêtées ni subir des traitements inhumains. Ils ont tous coopéré en donnant toutes les informations dont ils disposaient pour aider à trouver le véritable meurtrier.

Malheureusement, ce n’est pas le moment de se réjouir. Mohammed Eisht Naghnaghiye, le frère d’Adnan et gardien du Théâtre de la Liberté, a été arrêté par l’armée israélienne le 22 août et hier sa détention a été prolongée de 15 jours. Une fois de plus l’armée est venue dans la nuit laissant son domicile en désarroi et chaos : le mobilier a été jeté à terre et brisé et il y avait même des excréments de chien sur le plancher. L’armée a également enlevé trois autres résidants du camp la même nuit.

Deux techniciens du théâtre, Mohammed Saadi, 21 ans, et Ahmad Matahen, 20 ans, viennent d’être convoqués pour se rendre à la base militaire de Salem située près de Jénine. Chacun d’entre nous au théâtre voudrait bien que le meurtrier de Juliano Mer Khamis puisse être livré à la justice et donc Mohammed et Ahmad ont décidé d’obéir et de contribuer à l’enquête avec leurs témoignages... à condition qu’ils soient traités conformément aux règles de droit ! Se livrer aux services de sécurité israéliens implique souvent disparaître de la surface de la terre, faire face à un traitement dur et sévère et ne sachant jamais quand on reviendra. Nous exigeons que Mohammed, Ahmad, Momeen et Eisht soient traités ni pire ni mieux que n’importe quel citoyen israélien ammené à participer à une enquête criminelle civile. Leurs droits juridiques, tels qu’ils sont stipulés par le droit international, doivent être respectés.

Mohammed et Ahmed n’iront à la base militaire de Salem que si leur avocat sera autorisé à les accompagner, qu’il pourra les voir juste avant et après les interrogatoires et sous condition qu’ils ne soient pas arrêtés en leur refusant l’accès à leur avocat comme c’était le cas avec les détenus précédents. Cette demande a été renvoyée à la sécurité d’Israël et nous attendons la réponse.

Ces arrestations cruelles et inutiles obligent le Théâtre de la Liberté à engager un avocat et à faire face à des dépenses élevées, 5000 euros à l’heure actuelle, ces frais pouvant augmenter si le cycle des arrestations israéliennes se poursuit.

Le Théâtre de la Liberté ne dispose pas d’une telle somme et est incapable de le déduire des subventions accordées pour différents projets ; de même, les familles des personnes arrêtées ne sont pas non plus capables de faire face à de telles dépenses. Nous demandons donc à nos amis et sympathisants du monde entier de contribuer aux frais juridiques. Cela nous permettrait également de mettre en évidence plus clairement le système juridique discriminatoire appliqué aux Palestiniens.

Nous tenons à souligner une fois de plus que tous les membres du Théâtre de la Liberté coopèrent entièrement à l’enquête sur l’assassinat de Juliano Mer Khamis. Nous exigeons d’être traités en conséquence, pas en tant que suspects. De toute évidence aucun membre du Théâtre de la Liberté ne peut être soupçonné mais cela n’a pas empêché l’armée israélienne de gravement maltraiter plusieurs de nos membres et de violer leurs droits humains.

Vous pouvez faire votre don en suivant les indications à l’adresse : http://www.thefreedomtheatre.org/support-donate.php
Assurez-vous d’indiquer "Legal" avec votre don.

Au nom du Théâtre de la Liberté, cordialement,

Jacob Gough, Directeur général par intérim

Traduction : IS & MO


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